L’invitation de Wayan à une cérémonie balinaise

Wyan et son fils Linvitation de Wayan à une cérémonie balinaise

BALI cérémonie sarong sandales Linvitation de Wayan à une cérémonie balinaise

Ce voyage à Bali en vélo a été l’occasion de nombreuses rencontres,diversement motivées,on s’en doute. A proximité des lieux fréquentés des « touriss »,comme aux environs d’Ubud,les habitants se sont habitués à côtoyer ces étrangers en quête d’exotisme. Quelques uns ont même trouvé le moyen de tirer parti de ces personnes venues de pays où l’on vit si bien.

Une invitation impromptue à assister à une cérémonie balinaise

Je me promenais aux alentours d’Ubud,lorsque j’ai croisé des femmes en plein labeur. Elles transportaient sur leur tête de bien lourdes briques le long d’un sentier escarpé et glissant de boue,le tout dans une bonne humeur réveillée par ma présence incongrue. L’une d’elles,la téméraire Wayan,semblait se faire une spécialité d’alpaguer les touristes,et elle ne m’a pas laissée filer. Elle disposait de quelques mots d’anglais,grâce auxquels elle m’a invitée à assister à une cérémonie qui se déroulerait dans un temple des environs. Fine mouche,elle avait bien compris ce que je cherchais,et était toute disposée à me faire partager son quotidien le temps d’une journée.

La maison de Wayan

Le lendemain,de bon matin,elle m’a guidée à sa modeste demeure,non loin du lieu de notre rendez-vous. Grossièrement construite en parpaing et sommairement aménagée (et c’est peu dire),elle se composait alors de deux petites pièces juxtaposées,sans porte ni fenêtre. A côté de sa maison en devenir,un tas de parpaings,qu’elle achetait au fur et à mesure de ses moyens,attendaient d’être assez conséquent pour constituer une pièce supplémentaire. De piètre qualité,comme elle me l’a fait comprendre en effritant l’un deux du bout des doigts. Mais faute de mieux,elle s’en contenterait,elle n’avait pas les moyens de se permettre mieux,m’expliqua-t-elle,chiffres à l’appui.

Qui porte le sarong ? C’est Wayan !

A l’écouter,il devenait évident que ce n’était pas le désir de s’ouvrir au monde qui était à l’origine de tant d’hospitalité (la télé lui en apprenait tout ce qu’elle aurait pu avoir envie de savoir,et même plus). Je n’étais pas sa première “touriss”,et les dons de ses invités avaient probablement contribué à élever sa maison pour une part non négligeable. Son mari,quant à lui,se tenait en retrait,sa femme ayant les rennes bien en main (autant dire que c’était elle qui portait le sarong),et semblait avoir pour consigne de laisser faire son entreprenante épouse. Elle était très fière de son fils,lui aussi nommé Wayan (il faudra que je vous explique le système des prénoms balinais). Loin de m’offusquer de manières aussi directes,j’étais plutôt séduite par sa volonté de fournir un minimum de confort à son fils. Après tout,quelques billets ne représentaient pour un touriste guère plus qu’un bon repas,tandis qu’ils lui permettraient de rajouter une pièce supplémentaire,ce qui ne serait pas du luxe.

Quelques considérations vestimentaires: sarongs

Le moment de la cérémonie approchant,Wayan m’a prêté un sarong, un haut de dentelles et une ceinture:hors de question de me laisser me présenter dans mes vêtements profanes ! La ceinture par exemple symbolise une démarcation entre les appétits charnels,qui concernent le bas du corps,et la vie spirituelle. En la nouant,ce sont les pensées impures que les Balinais tiennent à distance le temps de la cérémonie.

J’ai vraiment apprécié de porter ces vêtements:outre le plaisir enfantin de se déguiser en danseuse exotique,je les trouve particulièrement seyants, ils donnent une certaine grâce et distinction à qui les porte. Il existe mille façons de nouer son sarong,et les tissus sont eux aussi très beaux,allant du plus simple,à une utilisation de motifs et de coloris les plus sophistiqués. Bien entendu,dans une société aussi hiérarchisée,le sarong en dit long sur le groupe social auquel vous appartenez.

Les vendeuses de sarong

Vous pratiquerez à n’en pas douter les plages balinaises,aussi vous serez sollicités entre autres par les vendeuses de sarong. En discutant avec ces dames,j’ai appris qu’elles faisaient preuve d’une solidarité fort à propos. Elles se répartissent la plage entre-elles,mais surtout,elles mettent en commun les gains et se les partagent de manière égale. Cela permet d’assurer à chacune un revenu minimum,aussi les mauvaises journées sont moins douloureuses.

Les tongs,chaussure nationale

Une seule entorse à ce code vestimentaire raffiné:les chaussures. Car sur l’île de Bali,comme dans beaucoup de pays chauds,tout le monde se promène en tongs (en témoignent les innombrables tongs esseulées que l’on trouve au bord des routes que j’ai bien eu le temps d’observer à vélo).  J’ai donc pu garder mes sandales,si pratiques,mais fort peu assorties à mon joli costume traditionnel

 Retrouvez des photos de la cérémonie avec les petits danseurs balinaisnymphes célestes et Gamelan

ou encore le récit de rencontres balinaises inoubliables

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