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Vitesse d’obturation lente pour une nuit d’ivresse couleur bleu électrique
Cette série est née de jeux avec la vitesse d’obturation de mon pauvre appareil numérique que je traite bien mal (j’avoue) puisque je l’éreinte sur des scènes nocturnes. La lumière se faisant rare,l’APN ouvre l’obturateur plus longtemps afin de capter celle-ci,avec pour corollaire une image
défigurée car le moindre mouvement est capté,amplifié et retranscrit tel quel sur la pellicule (ici ce sont plutôt des transistors,mais avouez que c’est là un terme moins poétique). Les tout premiers photographes argentique connaissaient bien ce problème (c’en était un pour eux) car les pellicules utilisées nécessitaient un temps de pose si long, de l’ordre de quelques heures,que le va et vient de nombreuses personnes dans le champ de vue ne produisait qu’un léger flou… C’est une image nette l’on cherche généralement à obtenir,et c’est pourquoi l’utilisation d’un trépied ou d’un support était et reste obligatoire dans le cas de photographie nocturne. Mais beaucoup de photographes aiment cet effet qui donne des images particulières,moins fidèles à la réalité.
Dans le cas d’Electric Blue Night,j’ai joué doublement de la vitesse:celle de la durée d’exposition de l’image,mais aussi celle de la voiture en mouvement. L’image obtenue comporte (je l’espère) une forte dimension fantasmagorique et même surréaliste du fait de la transfiguration du paysage. Il est toutefois important de conserver quelques repères afin de permettre de comprendre la scène,sans quoi l’approche onirique cèderait la place à l’abstraction.
Electric Blue Night,chevauchée fantastique et fantasmagorie
Cette série présente les plus belles images que j’ai obtenues par ce procédé. Personnellement,j’aborde ces photographies comme une chevauchée fantastique au coeur de la nuit,une hallucination de l’objectif poussé dans ses derniers retranchements au cours d’une folle équipée. Griserie de la vitesse. La série débute sagement avec un jeu qui porte essentiellement sur une palette de couleurs restreinte,qui repose sur le bleu électrique en opposition avec un noir profond,plus quelques touches de rouge pour la tendresse. Progressivement,le mouvement transfigure la route et ses éléments au point de disloquer l’image. Les lignes blanches cessent d’être rectilignes,s’effilochent et s’échappent en volutes de fumée qui élèvent jusqu’aux cieux bleu encre de délicates circonvolutions. Puis la vision merveilleuse cède le pas,et c’est le paysage lui-même qui se soulève,jusqu’à devenir hostile et abrupt,impénétrable.
Cette série continue avec Blue Night et Electric Blue Night




La Géante de l'affiche du film Tournée
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