La fois précédente je vous en ai emmenés dans les rues de Thessalonique, et sans une petite visite à l’agora,le vieux marché, le tableau serait incomplet.
Nous avons là une boutique qui propose des objets du culte,de l’icône à l’encensoir…Ou encore un marchand de fruits,dont l’étalage ravit l’oeil.
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Un peu plus loin,les marchands de poisson. L’atmosphère est celle de tous les marchés de la planète:ici le temps semble avoir suspendu son vol,on devine que peu de choses ont changé depuis des temps plus anciens…
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Voilà pour la petite touche couleur locale. Laissons place à une réalité plus crue,si vous me permettez ce jeu de mots…
Un spectacle qui fait bien moins cliché touristique…L’agora comporte comme il se doit une section réservée aux bouchers,et ceux-ci disposent artistiquement les carcasses d’agneaux et consors dans de petites vitrines ambulantes.
A la vue de ceci,les références ont afflué tandis que mon sang n’a fait qu’un tour: les noms d’illustres maîtres qui se sont attelés à dépeindre diverses charognes,et parmi lesquels on trouve Soutine bien-sûr,mais aussi Francis Bacon et Giacometti,les écorchés vifs qui ont placé leurs figures dans des structures qui me rappellent cette vitrine, et plus proche de nous,Damian Hirst…
Je n’ose appeler cette pauvre photo prise à l’arrache un hommage,et je ne peux que regretter de n’avoir pas eu plus de temps pour multiplier les prises,car la végétarienne repentie que je suis trouve-là un morceau de choix…Une chose est sûre,la prochaine fois je saurais être plus pugnace !
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Et puisque nous touchons du bout du doigt des enjeux vitaux,je vous propose un face à face encore plus vertigineux:
Ce portrait en trois dimensions a été réalisé à partir d’un masque mortuaire datant du III°s ap JC. Vous l’aurez deviné,nous sommes à présent au musée archéologique de Thessalonique. Je suis restée en ravissement devant cette petite merveille.
Le visage de ce vieil homme a été enduit de plâtre afin de préserver ses traits de l’oubli,ou peut-être dans le but de réaliser un buste. C’est là une pièce rare,car son état de conservation est exceptionnel,essentiellement parce qu’elle n’a pas été utilisée après sa réalisation,et ce pour des raisons que nous ne connaîtrons jamais.
Au mystère de la confrontation avec une reproduction fidèle du visage d’un mort,d’une personne qui ne laisse en une fraction de secondes derrière elle que les traces de son passage,s’ajoute le vertige du temps écoulé depuis que cette personne a cessé de respirer. Et pour compléter cette confusion, l’expressivité de ses traits abolit le temps et nous présente cet homme issu d’un passé lointain comme un être de chair et de sang. On peut deviner l’agonie qui fut la sienne,et c’est peut-être encore l’angoisse du néant qui a été emprisonnée dans le moule…Sa bouche entrouverte suggère le souffle ultime,tandis que le regard semble déjà tourné vers l’intérieur.
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Bon,voilà que j’ai plombé l’atmosphère,aussi je vais essayer de me rattraper et je vous propose de faire surface en douceur.
Cette photo ne le laissa pas deviner,mais cette porte de tombeau macédonnien d’Aghia Paraskevi mesure près d’1m50. Une porte majestueuse,ornée de bronze. Composée de marbre,elle a été astucieusement posée sur un système de rails qui permettent de la manipuler aisémment malgré son poids.
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Mais le musée ferme ses portes et nous voici revenus du Royaume des morts:notre chemin passe par la promenade du bord de mer,le soleil se couche,est c’est tant mieux.
Ce moment est un de ceux que je préfère en Grèce,c’est celui de la traditionnelle volta. Quesako ? La volta est la promenade du soir que tous les Grecs pratiquent assidûment. La température est plus clémente,les activités de la journée laissent place à la détente. En famille ou entre amis,on songe à se frotter aux autres,peut-être à rencontrer des connaissances,avant de prendre le repas du soir. C’est ainsi que le bord de mer de Thessalonique s’anime encore plus. Marchands ambulants,groupes joyeux de parea de jeunes,cyclistes,vieillards,on voit de tout !
Bon d’accord,vous ne voyez rien,car c’est à ce moment précis que mes piles me lachent…Ceux qui pratiquent régulièrement ce blog savent à quel point j’apprécie la photographie de nuit. Vous imaginez quelle a été ma frustration,d’autant plus que mon avion décollait le lendemain aux aurores,ne me laissant aucune seconde chance (morbleu !).
C’est donc avec allégresse que j’ai noyé mon chagrin dans une zacharoplastion (pâtisserie –salon de thé) du bord de mer,de loin l’une des meilleures qui m’ait été donné de tester,et que je vous recommande sans hésiter,un véritable temple des délices ! (Vous la trouverez à deux pas de la tour blanche,parmi la ribambelle de cafés du bord de mer). A chaque voyage en Grèce revient cette même question lancinante:dans quel autre pays les pâtisseries sont-elles ouvertes en soirée ?!? Un exemple dont certains feraient bien de s’inspirer…^^
Il reste bien des choses intéressantes à dire,aussi la prochaine fois nous retourneront en Grèce pour nous pencher cette fois sur des images…
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